Un nouveau cours – Pierre-Auguste Renoir (1841-1919)

Nouvelles conférences, nouveau cours, report des séances…

Compte tenu des différents reports de conférences sur les grandes expositions, de quelques nouvelles propositions, d’un nouveau cycle sur Renoir.
5 rendez-vous de 1h30 Par D. Dupuis-Labbé, conservateur général honoraire du patrimoine

« Ne me demandez pas si la peinture doit être objective ou subjective, je vous avouerai que je m’en fous ! ». L’essentiel, nous dit Renoir dans cette profession de foi, est le bonheur de peindre sans se laisser enfermer dans les théories artistiques. Renoir fut le « grand poète de la peinture impressionniste » et en sublima les thèmes de prédilection, paysages, scènes urbaines, portraits et nus. Possédant le « don primordial de la création plastique », il atteint, à la fin de sa vie, à la grandeur d’un art classique tout en préservant l’exaltation de la sensualité qui en fit le digne successeur de la peinture du 18ème siècle.

22/4 ➤ Les années de formation – 1854 à 1870 : De l’apprentissage chez un décorateur de porcelaine de Limoges à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris

Durant cette période, Renoir abandonne les tons sombres au profit des clairs sur les conseils d’un jeune peintre qu’il a rencontré dans l’atelier de Charles Gleyre et avec lequel il va travailler dans la forêt de Fontainebleau et à Bougival. Claude Monet. La Grenouillère, 189, Stockholm, Nationalmuseum en est un exemple, l’Impressionnisme est en marche.

29/4La période impressionniste – 1870 à 1883 – L’expression du bonheur de vivre par la couleur et la lumière 

Après la guerre de 1870 et jusqu’en 1883, Renoir est l’un des représentants les plus éminents de l’Impressionnisme et use de cette technique particulière de la touche fragmentée et des ombres colorées aussi bien pour ses paysages que pour évoquer des figures, personnages ou nus, en plein air. Il peint alors des toiles lumineuses qui incarnent la joie de vivre. L’un des sommets de cette période est le Bal au Moulin de la Galette, 1876, Paris, musée d’Orsay

6/5La période aigre ou ingresque – 1883 à 1890- Le renoncement à l’Impressionnisme et le retour au classicisme 

« Vers 1883, il s’est fait comme une cassure dans mon œuvre. J’étais allé jusqu’au bout de l’Impressionnisme et j’arrivais à cette constatation que je ne savais ni peindre ni dessiner. En un mot, j’étais dans une impasse ». Le retour vers les maîtres anciens, les Florentins, Raphaël et Monsieur Ingres, l’amène à concevoir des œuvres où la ligne est très appuyée et les couleurs moins flamboyantes. Les Grandes Baigneuses, 1887, Philadelphia Museum of Art, exposées au Salon la même année, illustrent cette nouvelle manière.

20/5 La période nacrée – 1890 à 1897- Les années de synthèse de la ligne et de couleur dans le portrait et le nu 

Vers 1890, Renoir revient à des coloris plus nuancés avec des reflets nacrés et choisit de peindre des nus féminins aux corps irisés et des portraits qui sont le plus souvent ceux de son entourage familial. Son fils, Jean Renoir, écrit : «  Quand j’étais encore tout petit, trois, quatre ou cinq ans, mon père ne choisissait pas lui-même la pose, mais profitait d’une occupation qui semblait me faire tenir tranquille », c’est ainsi qu’est née cette toile, Gabrielle et Jean, 1895-1896, Paris, musée national de l’Orangerie.

27/5 La dernière période – 1898 à 1919 – D’Essoyes à Cagnes : l’épanouissement du style dans un univers d’odalisques et de naïades 

Renoir se retire dans le Midi, à Cagnes, où il termine sa carrière dans sa maison des Collettes. Il pratique un art où il mêle les souvenirs de Rubens et de Fragonard pour créer des nus épanouis dans une nature luxuriante. Le dernier Renoir est lyrique et panthéiste, il conclut : « Ne me demandez pas si la peinture doit être objective ou subjective, je vous avouerai que je m’en fous ». C’est cette période qui intéressera Matisse et la génération des avant-gardes. Les Laveuses, v.1912, New York, The Metropolitan Museum of Art, évoquent les jeunes femmes de Cagnes laver le linge non loin de chez lui.