Conférence 23 mars – Les femmes au cœur de la création moderne et contemporaine

Jeudi 23 mars à 11h30 au cinéma l’Arlequin

17- Yoko Ono et Yayoi Kusama

Dominique Dupuis-Labbé, conservateur général honoraire

Les femmes, qu’elles aient créé en solitaire ou au sein de groupes d’artistes, ont participé activement à toutes les révolutions artistiques, de la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, en apportant une contribution majeure à l’évolution de l’art de leur époque. De la pratique des formes artistiques traditionnelles, peinture, sculpture, arts graphiques, arts décoratifs, jusqu’à celles de la per­formance ou de l’installation, elles n’ont jamais cessé de surprendre ou de susciter l’intérêt. Certaines ont gagné la célébrité et ne l’ont jamais perdue, telles Mary Cassatt ou Sonia Delaunay, beaucoup ont été ensuite négligées par l’histoire de l’art jusqu’à leur redécouverte, telle la suédoise Hilma af Klint, d’autres sont restées long­temps dans l’ombre d’un démiurge, telles Frida Kahlo ou Dora Maar. Le cycle vous permettra de découvrir ou redécouvrir ces pionnières et leurs héritières en audace, talent et détermination.

Yoko Ono est une artiste polyvalente, elle s’investit dans la musique, l’écriture, le cinéma, les installations, les performances…. Personnalité engagée, elle milite pour les droits de la femme ainsi que pour la paix dans monde. On peut s’interroger sur les raisons qui ont longtemps tenu le rôle de Yoko Ono pour mineur (en Europe notamment), alors qu’elle exerce une influence majeure dans l’invention de l’art conceptuel et de l’esprit Fluxus (qu’elle se refuse d’ailleurs à revendiquer). 

Avec Yayoi Kusama, « Tout a commencé par les hallucinations » affirme-t-elle. Ses premiers souvenirs de celles-ci remontent à ses dix ans. « Un jour, après avoir vu, sur la table, la nappe au motif de fleurettes rouges, j’ai porté mon regard vers le plafond. Là, partout, sur la surface de la vitre comme sur celle de la poutre, s’étendaient les formes des fleurettes rouges. Toute la pièce, tout mon corps, tout l’univers en étaient pleins ». Ces taches, ces pois, nourriront son concept de « self obliteration »  et seront dès lors omniprésents dans ses œuvres.