Expositions, mod’emploi au Majestic Passy

Le lundi de 11h30 à 13h00
Au cinéma le Majestic Passy, 18 rue de Passy 75016 Paris
du mois de septembre au mois d’avril

 

Ce cycle de conférences explore les expositions de la saison culturelle parisienne. Les conférenciers, commissaires d’exposition ou spécialistes du sujet vous expliquent les oeuvres présentées et leur contexte à partir d’images projetées

Pour mieux comprendre ces oeuvres, les techniques utilisées, les artistes, l’univers des marchands d’art ou l’histoire des musées, des commissaires d’exposition, des directeurs de musées ou des spé­cialistes vous donneront les clés pour voir ou revoir une exposition

 

3 octobre L’œil de Baudelaire par Jérôme Farigoule

carjat baudelaireImaginer une exposition qui renoue le dialogue entre les textes du jeune poète et les oeuvres d’art qu’ils commentent, c’est offrir au visiteur l’occasion de pénétrer dans les grandes pages des Salons de 1845 et de 1846 qui font date dans l’histoire de la critique d’art. En présence d’une centaine de peintures, sculptures et estampes évoquées par Baudelaire, le spectateur confronte son propre regard à la sensibilité artistique de l’auteur des Fleurs du mal et comprend comment s’est forgée la définition de la beauté moderne, qu’il n’a jamais reniée. Comment se laisser séduire par le « mérite de l’inattendu », préférer toujours un tableau « fait » à un tableau « fini », reconnaître le caractère essentiellement romantique de la couleur, sans désavouer la nature « idéale » de la ligne, réclamer chez les artistes cette part de « naïveté » qui mène à l’audace et à la crudité des tons, attendre d’une oeuvre, fût-ce un portrait ou une page de religion, qu’elle « respire l’amour », reconnaître enfin « l’héroïsme de la vie moderne » et « la beauté de l’habit noir » ? L’exposition explorera le paysage artistique des années 1840 en présentant, autour des artistes phares de l’époque – Delacroix, Ingres, Corot, Rousseau ou Chassériau – les peintres qui ont su lui plaire ou l’irriter. Elle permettra de découvrir la modernité que forge le poète face au nouveau Paris et aux langages artistiques en formation, incarnée par la génération montante et la figure de Manet.


 

 

17 octobre Oscar Wilde, l’impertinent absolu par Dominique Morel

oscar wilde ppLe grand écrivain irlandais, parisien de coeur, est ainsi mis à l’honneur du musée de l’histoire de Paris dans une exposition d’envergure ! Oscar Wilde (1854-1900), d’origine irlandaise, port
ait Paris et les parisiens dans son coeur. L’exposition présente la vie et l’oeuvre d’Oscar Wilde, cet « impertinent absolu » parfait parisien de coeur, qui mourut à Paris et fut enterré au Père Lachaise. Si l’on connait Oscar Wilde grâce à son oeuvre littéraire et théâtrale – les pièces de théâtre telles que L’Importance d’être constant, le roman Le Portrait de Dorian Gray, poèmes – on en oublie le personnage, dandy décadent dans l’Angleterre puritaine de l’époque victorienne. Esthète décadent, expert en provocations et en mots d’esprit, Oscar Wilde fut aussi un grand écrivain de l’Aesthetic Movement.

Des manuscrits, des éditions rares, des portraits de l’écrivain, des correspondances avec ses amis André Gide, Pierre Louÿs, Mallarmé, Verlaine, Victor Hugo témoignent de la vie d’esthète d’Oscar Wilde.

Un focus particulier sera donné à Salomé, son unique oeuvre initialement rédigée en français, pièce dont il destinait le rôle-titre à Sarah Bernhardt. Cette pièce fut malheureusement censurée par Lord Chamberlain pour représentation de personnages bibliques, mais fut encensée par la critique parisienne.


 

 

14 novembre Bonnard et Vuillard, la donation Marcie-Rivière par Isabelle Cahn

Edouard Vuillard (1868-1940) Jeune fille, la main sur la poignée de la porte 1891 Huile sur carton Paris, musée d'Orsay Donation Marcie-Rivière, 2011Un ensemble de 89 dessins de Bonnard, le plus grand fonds de l’artiste jamais rassemblé par un collectionneur, complète et éclaire la démarche du peintre. Simples croquis pris sur le vif, recherches de composition, études en vue d’un tableau ou d’illustrations, ces pages de carnets témoignent de la curiosité toujours en alerte du peintre. Il est aisé de reconnaître sur certaines de ces feuilles les prémices de tableaux célèbres, comme le dessin préparatoire pour Le Plaisir, l’un des quatre panneaux réalisés par Bonnard pour décorer la salle-à-manger de Misia Edwards dans son appartement du quai Voltaire, aujourd’hui conservé au musée d’Orsay. La plupart des dessins sont des recherches pour des nus, des paysages et des scènes avec personnages, composant des variations inspirées autour des sujets favoris du peintre. Ces crayonnés réalisés pour lui seul, révèle un observateur en alerte permanente et en harmonie profonde avec le monde qui l’entoure.  Cet ensemble exceptionnel par son unité – autant pour Bonnard que pour Vuillard – est entré dans les collections du musée d’Orsay grâceà la donation de Jean-Pierre Marcie-Rivière, grand collectionneur de l’art du XIXe et du XXème siècle.

 


 

28 novembre Paris 1740. Le comte Carl Gustaf Tessin, connaisseur et savant par Guillaume Faroult

Louis Tocqué. Portrait du Comte Carl Gustaf Tessin Natrionalmuseum, StockholmOrganisée avec le National museum de Stockholm, l’exposition montre, selon un parcours à la fois chronologique et thématique, comment Carl Gustaf Tessin a constitué sa collection de peintures et dessins. Elle donne par la même occasion une image du marché de l’art et du goût parisiens au milieu du 18e siècle.

Sans en avoir le titre, le comte Carl Gustaf Tessin assuma les fonctions d’ambassadeur de Suède à Paris de 1739 à 1741. Durant ces trois années, il collectionna peintures et dessins avec passion, se liant d’amitié avec Pierre-Jean Mariette et achetant à l’exceptionnelle vente Crozat de 1741. À son retour en Suède, criblé de dettes, il fut contraint de vendre une partie de sa collection de peintures au roi Frédéric Ier qui en fit cadeau à la reine Louise-Ulrique de Suède. Puis en 1750, il dut se séparer de sa collection de dessins, acquise par le prince héritier Adolphe-Frédéric.


 

 

12 décembre L’Enfer selon Rodin par François Blanchetière

 

porte-enfer m rodinLe musée Rodin organise une exposition inédite entièrement consacrée à la Porte de l’Enfer. Rodin travailla toute sa vie à cette œuvre dont il reçu la commande en 1880 et pour laquelle il s’inspira de l’Enfer de Dante.

Après avoir espéré pouvoir la présenter à l’Exposition universelle de 1889, le sculpteur laissa La Porte de côté à la fin des années 1880.   À plusieurs reprises, il eut pourtant l’ambition d’achever son œuvre. Dans le cadre de sa grande exposition personnelle de 1900, il résolut de la montrer enfin au public, mais dans un état fragmentaire puisqu’il renonça finalement à mettre en place les figures les plus en relief, indépendantes de la structure principale, jugeant qu’elles produisaient un contraste trop fort avec le fond.   Vers 1907, La Porte fut proche de voir le jour dans une version luxueuse, alliant le bronze et le marbre, qui devait être installée au musée du Luxembourg, où étaient exposées les œuvres acquises par l’État auprès des artistes contemporains.   C’est en 1917 seulement que Léonce Bénédite, premier conservateur du musée Rodin, parvint à convaincre le sculpteur de le laisser reconstituer son chef-d’œuvre pour en faire réaliser une fonte, Rodin mourut avant de voir le résultat de tous ses efforts.

Chef-d’œuvre jamais tout à fait achevé, la Porte a été pour Rodin un réservoir de formes et de sujets qui ont donné lieu à de multiples variations, une matrice dont sont notamment issus le Penseur et le Baiser. Environ 200 œuvres seront présentées, principalement issues du fonds d’atelier conservé par le musée. À la lumière des dernières recherches sur le sujet, l’exposition retracera la genèse et l’évolution de l’œuvre et la situera dans la carrière du sculpteur et le contexte de l’époque.


 

9 janvier Les temps mérovingiens par Isabelle Bardies-Fronty

merovingien clunyLes temps mérovingiens. Trois siècles d’art et de culture en gaule franque présente un large panorama de l’activité intellectuelle et artistique d’une séquence complexe de trois siècles, qui court de la bataille des Champs catalauniques (451) aux derniers « rois fainéants » (751). L’un des enjeux est de montrer la profonde originalité de l’art mérovingien, entre héritages antique, insulaire et germanique et de souligner l’identité de civilisation qu’il incarne. 
La confrontation de manuscrits enluminés et d’objets permettra de fairele point sur la réalité de l’influence romaine dans le domaine de l’art du Premier Moyen Âge et de présenter un aperçu des recherches récentes sur la période. Environ 150 œuvres seront exposées dans le cadre majestueux du frigidarium des thermes de Lutèce. Parmi ces objets exceptionnels, le visiteur pourra découvrir le fameux trône dit de Dagobert, des pièces d’orfèvrerie, des manuscrits des VIIᵉ et VIIIᵉ siècles issus du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, très rarement présentés au public pour des raisons de conservation.

 


 

23 janvier L’esprit du Bauhaus par Isabelle de Maison Rouge

bauhaus arts decoLe Bauhaus, de 1919 à 1933, à Weimar, Dessau puis Berlin, fut une école d’un genre nouveau où peintres, architectes, artisans, ingénieurs, acteurs, musiciens, photographes, designers travaillent ensemble à une nouvelle conception de la vie quotidienne : rendre vie à l’habitat par la synthèse des arts plastiques, de l’artisanat et de l’industrie. Comment une école a-t-elle pu réunir des professeurs aussi opposés que le mystique Johannes Itten et le rationnel Laszlo Moholy Nagy et former des élèves aussi différents que la photographe Florence Henry et l’architecte Marcel Breuer pape du mobilier tubulaire ? Le Bauhaus surmonte ses apparentes contradictions car c’est avant tout l’esprit de l’école qui importe. L’exposition revient sur les périodes et les formes d’art qui ont forgé l’esprit du Bauhaus parmi lesquelles le Moyen Âge et les grands chantiers des cathédrales, les Arts asiatiques et les Arts de l’Islam, les Arts and Craft britanniques, qui abolissent toutes frontières entre art et artisanat… À cet ensemble d’œuvres sources dialoguent de nombreuses pièces historiques du Bauhaus, mais aussi celles qui aujourd’hui en découlent. La vie quotidienne au Bauhaus, la transmission du savoir dans ses ateliers et l’organisation de la communauté artistique servent de fils directeurs à cette exposition qui a vocation à présenter un sujet fondamental pour l’histoire de l’art mais qui reste méconnu pour le public français : la dernière exposition d’envergure sur le sujet datant de 1969.


27 février Fêtes et divertissements à la cour par Fabrice Conan

cochin le bal des ifsfEn monarque politique, le roi Louis XIV sut porter au faîte de sa magnificence le « grand divertissement » faisant de Versailles un lieu de fêtes et de spectacles pour toujours plus de grandeur, d’extraordinaire et de fantastique. En fin psychologue, il savait combien était nécessaire au cadre politique forgé par sa volonté « cette société de plaisirs, qui donne aux personnes de la cour une honnête familiarité avec (le souverain), les touche et les charme plus qu’on ne peut dire ». Il fallait pour l’ordinaire de la vie de cour de nombreux divertissements. Il fallait pour l’extraordinaire des événements royaux étonner la cour, le royaume, l’Europe. Chacun de ses successeurs, en fonction de ses goûts et de l’évolution de la mode, maintint cette tradition de faste et de création dans le domaine du divertissement. L’enjeu est de présenter l’extraordinaire variété des divertissements offerts ou mis en scène à la cour de Versailles  –  chasse, spectacles, comédies, opéras, concerts et pratiques personnelles de la musique  promenades, jeux de plein air et sports, jeux, feux et illuminations – sur une période aussi longue, –   de Louis XIV à la Révolution- , non dans une démarche d’exhaustivité, mais sous le prisme du ressenti éprouvé à l’époque en cherchant, par un choix d’œuvres fortes, à donner à voir et à imaginer.


 

20 mars Camille Pissarro. Rétrospective par Sylvie Patin

pissarro boulevard-montmartreCamille PIssarro (île de Saint-Thomas, Antilles, 1830-Paris 1903) arrive à Paris en 1855 et sa rencontre avec Corot décide de son orientation. Plus importants encore pour son évolution sont les liens noués à l’académie Suisse avec Claude Monet (1859) puis Cézanne et Guillaumin (1861). Il ne tarde pas, en effet, à partager les recherches de ses amis impressionnistes avec, toutefois, une prédilection pour les thèmes champêtres et un soin tout particulier apporté à l’exécution et à la composition, celle-ci fortement structurée. Séduit par le travail de Seurat, Pissarro se rallie un moment au divisionnisme pour revenir à l’impressionnisme le plus strict ce qui caractérise sa dernière période.


 

24 avril Picasso et le primitivisme par Emilie Bouvard

picasso etude demoiselles avignonLa découverte des arts non européen va modifier le cours de l’art…