Exposition, mod’emploi à l’Arlequin

Le jeudi de 11h30 à 13h00 à l’Arlequin
du mois de septembre au mois d’avril

Ce cycle de conférences explore les expositions de la saison culturelle parisienne. Les conférenciers, commissaires d’exposition ou spécialistes du sujet vous expliquent les oeuvres présentées et leur contexte à partir d’images projetées

Pour mieux comprendre ces oeuvres, les techniques utilisées, les artistes, l’univers des marchands d’art ou l’histoire des musées, des commissaires d’exposition, des directeurs de musées ou des spé­cialistes vous donneront les clés pour voir ou revoir une exposition…

 

 

 

29 septembre Rembrandt par Pierre Curie

 

rembrandt Jaquemart AndréAutour des 3 chefs-d’œuvre de Rembrandt conservés au musée Jacquemart-André l’exposition retracera les moments forts de la carrière de cet artiste majeur.
C’est autour des Pèlerins d’Emmaüs (1629) que sera conçue la première partie de l’exposition, dédiée à l’époque de Leyde (1625-1631) durant laquelle Rembrandt se révèle, avec des sujets essentiellement historiques et bibliques.
On perçoit dans ses œuvres une parfaite maîtrise technique, la présence de plus en plus évidente du clair-obscur et l’approfondissement de la compréhension psychologique des sujets qu’il traite. 
Une deuxième partie sera dédiée aux années de son triomphe à Amsterdam, de 1631 à 1635.
Rembrandt réalise alors de nombreux portraits de notables, comme le Portrait d’Amalia von
Solms (1632), épouse du prince Frédéric-Henri d’Orange-Nassau, stathouder de cinq des sept Provinces Unies.
Celui-ci acquiert à partir de 1630 plusieurs tableaux de Rembrandt, dotés d’une extraordinaire énergie, également visible dans ses gravures et dessins, véritable contrepoint aux peintures.
Les années 1652-1669 sont celles du « style tardif »  de Rembrandt, qui atteint un sommet dans son art, comme en témoigne le Portrait d’Arnold Tholinx (1656). 
Le style du maître se trouve en rupture la peinture contemporaine néerlandaise, réaliste, lisse et subtile.
Rembrandt, lui, simplifie les formes et les couleurs. Ses dessins deviennent comme « cubistes », sa palette se restreint et va à l’essentiel.
En présentant une quarantaine de tableaux, répartis en trois chapitres, l’exposition correspond à trois étapes-clés de la création de Rembrandt et permet d’appréhender de façon très claire l’évolution de ce peintre qui a dominé l’art hollandais du XVIIème siècle.


 

6 octobre René Magritte, la trahison des images par Dominique Dupuis-Labbé

exposition 2016 2017.pgnLe Centre Pompidou consacre une exposition thématique majeure à l’œuvre de l’artiste belge René Magritte. Inédite, elle relit toute l’œuvre de Magritte à la lumière de cinq « figures » auxquelles n’a cessé de se référer l’artiste dans son travail : le feu, l’ombre, les rideaux, les mots et le corps fractionné.

En suivant le fil de ces thématiques, l’exposition dévoile toute la réflexion de l’artiste autour des questions de ressemblance et de réalisme, et s’intéresse à son travail sur les représentations trompeuses du monde.

L’exposition rapproche les peintures de Magritte d’images anciennes, illustrant les récits mythologiques de l’invention et de la définition de la peinture.


 

13 octobre Spectaculaire Second Empire, 1852-1870 par Marie-Paule Vial

couronne de nap 3Régime décrié en son temps et honni après sa chute, le Second Empire fut longtemps marqué du sceau décadent et superficiel de la « fête impériale ».

Sur fond de bouleversements sociaux, cette époque de prospérité fut un temps de fastes et d’euphorie économique, d’ostentation et de célébrations multiples qu’il convient de réexaminer. C’est également une période de crise morale et esthétique, écartelée entre les cadres culturels anciens et les nouveaux usages, entre l’hypertrophie des décors et la quête du vrai, autant d’oppositions qui déterminent pour une large part la création française des années 1850 et 1860. Pour célébrer ses 30 ans à l’automne 2016, le musée d’Orsay se penche sur le Second Empire des spectacles et de la fête, et sur les différentes « scènes » où s’est inventée notre modernité. Le parcours thématique, où se côtoient peintures, sculptures, photographies, dessins d’architecture, objets d’art, et bijoux, brosse le portrait de cette époque foisonnante, brillante et riche en contradictions.


 

20 octobre Henri Fantin-Latour (1836-1904) par Laure Dalon

 

fantin_latourPremière rétrospective de l’œuvre de Henri Fantin-Latour (1836-1904) à Paris depuis l’exposition de référence consacrée au peintre dans les galeries nationales du Grand Palais en 1982, cette exposition met en lumière les œuvres les plus emblématiques d’un artiste surtout connu pour ses natures mortes et ses portraits de groupe, et révèle également la part importante occupée dans son oeuvre par les peintures dites « d’imagination ».
Très attaché dès sa jeunesse à la restitution fidèle de la réalité, Fantin-Latour explora également, avec délectation, une veine plus poétique qui le rapproche des symbolistes. L’exposition propose un parcours dense rassemblant une soixantaine de tableaux et une trentaine de lithographies, dessins et autres études préparatoires.
Suivant un plan chronologique, l’exposition s’ouvre sur les oeuvres de jeunesse de l’artiste, en particulier les troublants autoportraits qu’il réalise dans les années 1850-1860. Confiné dans l’atelier, Fantin-Latour trouve alors ses sources d’inspiration au coeur de son intimité : modèles captifs, ses deux soeurs sont mises en scène en liseuses ou en brodeuses, tandis que les natures mortes savamment composées des années 1860 révèlent, déjà, les qualités d’observation exceptionnelles du jeune artiste.


 

3 novembre Bernard Buffet (1928-1999) par Dominique Gagneux

B Buffet Les oiseaux, le rapace, 1959Le musée d’Art moderne consacre une exposition à Bernard Buffet (1928-1999), l’un des peintres français les plus célèbres du XXe siècle mais également l’un des plus controversés. À travers une sélection d’une centaine de peintures, l’exposition propose une relecture approfondie de l’ensemble de son oeuvre du milieu des années 1940 à 1999, l’année de son suicide. Le parcours met en perspective les grands thèmes qu’il a explorés : clowns, cycles religieux, mythologiques, littéraires ou allégoriques. L’accent est mis sur ses grandes séries peu connues du public (Horreur de la guerre, les oiseaux, les folles…) et sur l’histoire de la peinture (Le Sommeil d’après Courbet, La Leçon d’anatomie d’après Rembrandt…) jusqu’à la très spectaculaire dernière série se référant aux Memento mori médiévaux. À travers une abondante documentation, l’exposition aborde la notoriété de l’artiste mais aussi les raisons d’une désaffection de la part des critiques, souvent aussi brutale qu’avait été leur engouement. Les peintures et les modes de travail du peintre sont ici présentés, avec la radicalité de ses positions tant sur le plan artistique que personnel.


 

1er décembre Le Mexique des renaissances par Pierre-Nicolas Bounakoff

d riveraL’art du Mexique au XXe siècle présente le paradoxe d’être étroitement connecté aux avant-gardes internationales, tout en présentant une incroyable singularité, une étrangeté même, et une puissance qui défient notre regard européen. Depuis son indépendance conquise face à la monarchie espagnole en 1821, le Mexique n’a cessé d’affirmer sa volonté de changement et son esprit de modernité. C’est en s’appuyant sur la peinture, la sculpture, l’architecture, l’urbanisme, la musique, la littérature, le cinéma et les arts appliqués que le pays forge son identité. L’exposition est la plus grande manifestation consacrée à l’art mexicain depuis 1953. Offrant un panorama d’artistes célèbres tels que Diego Rivera, Frida Kahlo ou Rufino Tamayo, le parcours dresse un constat de la bouillonnante créativité artistique du pays tout au long du XXe siècle.


 

5 janvier La Peinture américaine des années 1930 par Dominique Dupuis-Labbé

G Wood american gothicLes années 1930 sont, à plus d’un titre, décisives dans l’affirmation d’une scène artistique moderne aux États-Unis, à un moment particulièrement complexe de son histoire où la définition d’un art moderne américain ne peut être univoque. De l’abstraction au réalisme « social » en passant par le régionalisme, les univers esthétiques de peintres tels que Marsden Hartley, Georgia O’Keeffe, ou Edward Hopper cohabitent et se confrontent dans les mêmes foyers de création.
Organisée en collaboration avec l’Art Institute de Chicago, cette exposition présentera un ensemble d’une cinquantaine de toiles issues de prestigieuses collections publiques américaines (l’Art Institute à Chicago, le Whitney Museum, le Museum of Modern Art à New-York…) et de collections particulières, dont la diversité reflète toute la richesse de cette période précédant la Seconde Guerre mondiale.


 

2 février Frédéric Bazille, 1841-1870, la jeunesse de l’impressionnisme par Paul Perrin

Frédéric Bazille (1841-1870) Réunion de famille dit aussi Portraits de famille 1867 orsayComment regarder l’oeuvre de Frédéric Bazille, mort au combat en 1870 lors de la guerre franco-prussienne alors qu’il n’était âgé que de 28 ans ? Si ses premières toiles sont clairement celles d’un peintre en devenir, influencé par le réalisme ou son ami Monet, l’artiste a néanmoins achevé de nombreux chefs-d’oeuvre, dans lesquels s’affirme progressivement son génie singulier. Une soixantaine de tableaux est parvenue jusqu’à nous, chacun constituant un défi, un jalon, pour le jeune artiste nous permettant d’être attentifs à sa progression vers l’expression toujours plus personnelle de son « tempérament », selon les mots de l’époque. Organisée de façon thématique et chronologique à la fois, le parcours mêle les oeuvres de Bazille à celles de ses contemporains comme Delacroix, Courbet, Manet, Monet, Renoir, Fantin-Latour, Guigou, Scholderer ou encore Cézanne. Ces confrontations replacent son travail au coeur des grandes problématiques de la peinture d’avant-garde des années 1860 (la vie moderne, le renouvellement des genres traditionnels comme le portrait, le nu ou la nature morte, le plein air et la peinture claire, etc.), auxquelles Bazille contribua largement, et mettent en relief la profonde originalité de son inspiration. Cette exposition invite ainsi à la redécouverte d’un acteur majeur, malgré sa disparition précoce, de la genèse de l’impressionnisme, permise notamment par les recherches et les études scientifique les plus récentes qui nous éclairent les méthodes de travail de Bazille, ses  liens avec Monet ou Renoir et ont permis de retrouver la trace de créations considérées comme disparues, chaînons manquant d’une oeuvre rare.


 

2 mars Cy Twombly, l’histoire de l’art par Isabelle de Maison Rouge

cy twomblyLe Centre Pompidou consacre une importante rétrospective à l’oeuvre de l’artiste américain Cy Twombly. Cette exposition d’une ampleur jamais offerte en Europe à Cy Twombly, retrace toute sa carrière, à travers une large sélection d’oeuvres, de ses premiers travaux du début des années 1950 marqués par les arts dits primitifs, le graffiti et l’écriture, jusqu’à ses dernières peintures chromatiquement exubérantes, en passant par ses compositions très charnelles du début des années 1960 et sa réponse à l’art minimal et conceptuel dans les années 1970.

Unanimement salué comme l’un des plus grands peintres de la seconde moitié du XXe siècle, Twombly, qui depuis la fin des années 1950 partageait sa vie entre l’Italie et les États-Unis, « syncrétise » l’héritage de l’expressionisme abstrait américain et les origines de la peinture classique occidentale. L’exposition souligne notamment l’importance que Cy Twombly accorde aux cycles et aux séries dans lesquels il réinvente, à sa manière, la grande peinture d’histoire. Première importante rétrospective organisée depuis la disparition de l’artiste en 2011, l’exposition est aussi l’occasion de rendre sensible la relation forte entretenue par l’artiste avec Paris. Le Centre Pompidou lui avait dès 1988 consacré une première grande rétrospective.


 

27 avril Vermeer et les maîtres de la peinture de genre par Blaise Ducos

louvre-jan-vermeer-l-astronome-ou-plutot-l-astrologueLe musée du Louvre, la National Gallery of Ireland à Dublin et la National Gallery of Art à Washington organiseront une exposition unique en son genre visant à mettre au jour le réseau de relations entre les peintres de genre hollandais de la période 1650 – 1675.

Cette exposition, longuement mûrie, intitulée « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Siècle d’or » (titre provisoire), permettra aux visiteurs et aux spécialistes de l’art de mieux comprendre comment Johannes Vermeer et les peintres contemporains de scènes de la vie quotidienne s’admiraient, s’inspiraient mutuellement et rivalisaient les uns avec les autres.

 

 

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